La blockchain par l’exemple : et si La’Zooz uberisait BlaBlaCar ?

Il y a quelques mois, au sein de notre article Blockchain : vers une disruption vertigineuse de nos systèmes financiers, nous sommes revenus sur cette innovation technologique en passe de changer notre paysage économique. Cependant, la blockchain s’appréhende encore trop souvent à travers un prisme purement technico-technique ou financier. L’occasion d’apporter un complément d’information par l’exemple.

La’Zooz : une plate-forme israélienne de covoiturage

Créée en 2014, La’Zooz (qui signifie « se déplacer » en hébreu), est une start-up qui ambitionne de décongestionner le trafic urbain. Mais contrairement à BlaBlaCar, la’Zooz prend la forme d’une DApp, c’est-à-dire une application mobile décentralisée et open-source. Aucune autorité externe n’est là pour prélever une quelconque commission sur les courses proposées ni pour récupérer et revendre les informations de ses utilisateurs.

Encore en phase de test, La’Zooz repose sur une communauté autogérée, dont chaque membre devient actionnaire et partie prenante des évolutions de la plate-forme.

Un modèle économique fondé sur la blockchain

Cette désintermédiation se concrétise par l’utilisation d’une blockchain, c’est-à-dire une base de données décentralisée qui stocke les informations et les transactions de ses utilisateurs. Cette base de données est distribuée de manière publique et cryptée à l’ensemble des smartphones et ordinateurs qui composent son réseau. Le lancement de la plate-forme a été autofinancé grâce aux économies de ses fondateurs, et grâce à 80 000 $ récoltés lors d’une prévente de « zooz », les jetons virtuels qui constituent la monnaie cryptographique de la plate-forme.

Contrairement aux bitcoins, qui récompensent les utilisateurs qui mettent à disposition leur puissance de calcul, les zooz rémunèrent les utilisateurs qui s’approprient déjà l’application en l’activant dès qu’ils roulent à plus de 20km/h.

Cependant, les zooz ne sont pas commercialisables pendant cette phase de test. Ils ne pourront être dépensés qu’une fois la plate-forme aura atteint sa masse critique, c’est-à-dire lorsque l’offre de sièges sera en adéquation avec la demande. En attendant, la valeur des jetons diminue au fur et à mesure que sa base d’utilisateurs s’accroît.

Une stratégie de lancement

En récompensant les conducteurs (seuls ou accompagnés), La’Zooz espère favoriser les adhésions et l’émergence de digital evangelists à même de développer la plate-forme.

Il existe cependant d’autres moyens de gagner des jetons. Certains peuvent ainsi participer au développement technique ou à la conception graphique de la plate-forme. Au regard de cette contribution, le « salaire » en zooz de chacun est déterminé sur la base d’un vote de la communauté. D’autres utilisateurs sont récompensés en incitant leurs proches à télécharger l’application.

Quand La’Zooz veut uberiser BlaBlaCar

Si le géant BlaBlaCar joue déjà la carte de l’économie collaborative, il s’impose cependant comme un intermédiaire inévitable entre ses utilisateurs. Une tierce partie qui touche une commission sur chaque course et qui dépend de ses investisseurs. Face à ce modèle, La’Zooz s’appuie sur la blockchain pour assurer la mise en relation de ses utilisateurs et garantir la sécurité de leurs transactions, sans l’intervention d’une quelconque autorité.

Elle est donc en passe de « disrupter les disrupteurs », de court-circuiter un acteur qui vise déjà à court-circuiter les moyens de transport traditionnels. À quand un UberPop ou un AirBnB entièrement entre les mains de ses utilisateurs ?

Preuve en est que la blockchain n’est pas seulement un objet de hype auprès des plus technophiles, mais une innovation technologique tangible, à même de bouleverser nos systèmes économiques traditionnels. D’autant plus qu’à l’instar de nombreux projets fondés sur la blockchain, La’Zooz dispose d’une API publique et cultive une philosophie open source marquée. De quoi voir se multiplier dans les années à venir les projets à fort potentiel disruptif.

08 Fév

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